Wednesday, November 7, 2012

Les deux visages de Janus / Bordeaux Exposure

Notre éminent correspondant et confrère, Julien Januszkiewicz s'apprête à sortir sa seconde vidéo "Bordeaux Exposure". Clin d’œil énorme à l'épopée urbaine filmée par Dan Wolfe dans les ruelles de Philadelphie, New York et Washington DC, la Eastern Exposure 3.


La Eastern Exposure 3, sortie en 1996 (?) prenait à contre-pied toutes les vidéos Girl. Une antithèse du skate lent et technique, où la monotonie des school-yards américaines volait en éclat face à la dimension street life que les trottoirs de la East Coast des Etats Unis offraient. Alors que pour les grands orateurs, la Eastern Exposure 3 était un exercice de style, le retour à une simplicité des mouvements skateboardistiques, une avancée vers un certain minimalisme ; nous autres, gros sacs, étions surtout ravis de voir qu'on pouvait à nouveau faire du skate sans avoir à être très tech. Au demeurant, il était intéressant voir que les trottoirs défoncés et les plaques d'égouts de notre bled de plouc prenaient une toute autre dimension.

Pour en revenir à notre, cher Janus, c'est cet esprit là qu'il a souhaité perpétuer avec cette seconde production visuelle. Nous entendons déjà nos confrères progressistes de Charlie Hebdo hurler au conservatisme béat. Il est vrai que l'on pourrait se laisser à penser que cet opus visuel ne serait qu'une ode nostalgique à une époque désormais enfouie sous des émission de skate TV réalité, des contests Street League et autres Chaz Ortiz.
Jeune papa, compagnon modèle et employé du mois, Janus semble pourtant avoir un futur prometteur. Alors pourquoi ce besoin de se compromettre avec de vulgaires skatos, sans doute un désir régressif ?



Il semble d'ores et déjà que la mythologie romaine, comme bien souvent, nous apporte la clef du mystère. Janus était une divinité romaine à deux visages, le dieu des commencements et des choix. Un visage tourné vers l'avenir et un visage tournée vers le passé. Tout comme notre Janus à nous finalement, puisant son inspiration dans les vidéos 90s qui ont rythmé son adolescence, il est résolument tourné vers le futur. Il filme la génération montante, pousse la vieille génération à se renouveler, le tout en proposant un nouveau projet qui fédère tout le monde. A l'instar du divin Janus, notre Julien personnifie à lui seul le croisement de deux routes : celle de l'homme et père responsable tourné vers le futur, et celle de l'éternel enfant jouant sur sa planche pour qui le passé est un refuge confortable. Jetez un coup d'oeil à "Bordeaux Exposure" lorsqu'elle sortira et vous verrez à quel point il s'en sort bien lorsqu'il s'agit de conjuguer ces deux rôles pas toujours compatibles...
 Nous nous sommes tous de même entretenus avec l'homme pour en savoir plus.


http://annbourgogne.files.wordpress.com/2010/01/janus-dimon.jpg
 Janus, divinité romano-skatos


Peux-tu présenter le projet de Bordeaux Exposure ?
C’est un projet court d’environ 10 minutes sur Bordeaux et sa scène avec pas vraiment de part mais plus un random de skaters connus et moins connus (environ une trentaine). Le tout mêlera footage en HD noir et blanc et super 8 avec des ambiances différentes selon le style de skate.  Je pense sortir ça vers Décembre car après je quitte Bordeaux pour habiter à Genève à cause du travail. La vidéo est supporté par Popular Skateshop, Skate Pound, Magenta skateboards, Prizefightercutlery et Adidas Skateboarding. Stay tuned!
Depuis combien de temps filmes-tu ?
Je filme vraiment depuis 4 ans et pour ce projet depuis fin 2011 avec tout mes homies!
N'est-ce pas un peu "mission impossible" que de rencarder tous les skateurs de Bordeaux pour filmer un trick ?
Aha, en fait ça dépend qui, il y en a qui seront surchaud  et ce sera très facile d’avoir des images et d’autres qu’il faut driver jusqu’au spot avec le pack d’heineken pour la motive!
Léo Valls

Une anecdote de filming ?
Ah oui j’en ai une, le filming d’un trick qui ne rentre pas à plusieurs reprises et sur plusieurs jours, jusqu’au moment où ça rentre et malheureusement tu rembobines la cassette pour matter le footage et tu réenregistres par dessus! la haine...
Lorsque tu filmes, est-ce que tu laisses le skateur choisir ses spots, ou as-tu tendance à le conseiller, histoire de trouver l'image la plus intéressante à faire ?
 Il y a un peu des deux et je dirais que ça dépend qui tu as en face de toi. il y a des skaters qui ont des idées très précises du spot et tricks à faire et d’autres qu’il faudra stimuler un peu plus et chercher un spot adéquat pour le genre de tricks ou style de skate qu’ils pratiquent.
Ou aussi, on fait des sessions tous ensemble sur un spot et ça filme dès qu’il y a quelque chose d’intéressant, je dirais que c’est le plus kiffant, c’est naturel, et il n’y a pas de prise de tête.

Antoine "Bran" Roussel

Top 3

3 vidéos de référence : 
Mouse
Alien workshop photosynthesis
Habitat Mosaic

3 vidéo françaises de référence :
Minuit
Microscosme de Magenta
Frame by Frame

3 skateurs qui mettent la motive :
Bobby Puleo pour les spots qu’il ride
Brian Delatorre, le skate moderne que j’aime
Gino Ianucci, meilleur steez!

3 mecs inconnus qui gagneraient à être filmés plus souvent :
Léon Latecoere, gros potentiel !
Edouard Depaz

Antoine de Lassée

Saturday, November 3, 2012

Partenariat commercial entre Zered "Doc Z" Bassett et Expedition One


La news est tombée il y a quelques jours de cela : Zered Bassett, natif du Massachusetts mais pur produit des ruelles new-yorkaises a trouvé refuge chez la très humble et fresh marque, j'ai nommé Expedtion One. La nouvelle a eu l'effet d'une bombe dans nos bureaux.


Les bureaux de La Lodge à l'annonce du transfert de Zered Bassett chez Expedition One.

Pour tout vous dire, nous ne sommes pas vraiment fâchés de ce partenariat commercial. Expedition One fait partie de ces marques qui ne font pas trop de vagues mais qui auraient tout à fait les moyens de le faire. Des graphismes toujours fresh, sans verser dans le registre "gangter en carton" comme le fait DGK ; un team composé de Joey Pepper, Ryan Gallant, Enrique Lorenzo, Matt Miller, etc. Autant dire des mecs qu'on ne voit pas si souvent, mais qui sortent toujours des images avec du skate de qualité. On taira l'entrée de Matt Miller dans le circuit de compétition de la Ligue de la Rue.

Quant à l’intéressé, du haut de ses 26 ans, il en parait certes 42. Une calvitie naissante couverte en permanence par un couvre-chef Red Bull. A priori pas de quoi intéresser nos journalistes. Et pourtant, lorsqu'on y regarde de plus près, Zered Basset fait partie des icônes new-yorkaises qui ont ouvert la voix sur de nombreux spot, et ce depuis plus de 10 ans. A l'instar d'un Bobby Puleo ou d'un Anthony Pappalardo, Zered dépucèle des spots armé de son bâton à roulettes. A contrario cependant, il ne nous sabre pas les couilles avec des interviews de rageux pour nous dire à quel point son skate est différent des autres, ou à quel point les skateurs de NY lui sont redevables. Zered attaquera avec la même envie une obscure cellar-door ou un spot ultra-connu. Et il est fort à parier que dans les deux cas il en ressortira un trick intéressant à regarder.

Et c'est cette humilité que l'on appréciera tout particulièrement à La Lodge. Alors oui, Zered ne nous provoquera jamais des papillons dans le ventre comme  chaque pousson d'un Gino, ou chaque photo d'un Joey Pepper. Cepdendant, sa propension à s'attaquer à des spots négligés des autres sans en faire tout un foin, sa capacité à se sortir les doigts pour pondre des hammers de bonne facture seront toujours des éléments que nous saluerons volontiers chez un skateur.

Trinquons au Red Bull à sa santé !