Friday, January 16, 2015

Petite séance de skate-vidéo entre amis normaux

Toutes les semaines, c'est la même routine, vos amis normaux vous convoquent dans un bar branché pour aller boire des mojitos hors de prix et tenter de danser le bassin collé à quelque demoiselle coopérante. Et chaque semaine, vous sortez la même excuse, partagé entre fierté et un étrange sentiment de berner quelqu'un : « Non désolé, je peux pas, je dois aller filmer du skate ».



Le mojito à 10€, gage de votre normalité
    Parce que oui, voilà plusieurs moi que vous et vos skate-sauces vous êtes lancés dans l'aventure de la vidéo de skate indépendante à vocation urbaine. Chaque week-end vous sortez skater jusqu'à pas d'heure, sessions qui se finissent très souvent à skater un bout de trottoir avec un pack de houblon en bouteille. Vous avez à votre actif 14 clips de slappys et 12 de wallies et vous repoussez encore et encore le moment de filmer votre hammer de fin de part (« Nan, mais tu comprends, j'ai pas envie de me blesser alors qu'il nous reste un mois de filming, je me jetterai plus tard ! »). Alors quelque part, dans un recoin obscur de vôtre âme, vous vous sentez un peu illégitime lorsque vous annoncez de manière très officielle à vos amis normaux que vous devez aller filmer. La peur d'un retour de bâton vous chatouille la nuque à chaque  fois que vous songez au moment où il faudra montrer le fruit de votre labeur à ces gens.

    Et puis un jour, vous ne pouvez plus y couper. La première a déjà eu lieu entre skateurs, votre minute et demi a été acclamée (surtout par vos potes il faut dire, et un mec dans le fond qui criait « yes papa ! » religieusement toutes les quinze secondes). Mais voilà, vous avez été invité à un apéro dînatoire bien sous tout rapport, et l'on vous a demandé, sommé serait plus juste, étant donnée l'expectative de la part de vous amis normaux, d'amener ce joyau de l'underground qu'est la vidéo indépendante à laquelle vous avez  pris part.    


Apéros de simples d'esprits non-initiés au subtilités de l'underground
Fébrile, vous sortez le DVD de sa jaquette, le glissez dans le lecteur, tentez un dernière fois de prétendre à un problème de connectique, rapidement résolu par votre ami normal féru de technologie Apple, puis résigné, vous vous résolvez à appuyer sur play mû par un sentiment similaire à celui d'un mauvais élève qui rapporterait son bulletin à ses parents. 

    Il vaut savoir que depuis tout ce temps où vous dites à vos amis normaux que vous allez vous faire filmer en train de skater, une sorte de mythe s'est peu à peu créé autour de votre personne. Chacun y puise de sa connaissance des sports extrêmes, mais vos amis vous conçoivent comme un casse-cou trompe-la-mort à mi-chemin entre Nyjah Huston et Tony Hawk, pendant que votre ami qui skatait avec vous au collège sait bien que depuis le temps, vous vous envoyé sûrement des rails de 15 marches à la Jamie Thomas. 


Great Expectations
    Très vite donc, le malaise s'installe pendant la projection alors que vos prouesses et celles de vos skate-sauces ne répondent pas aux exigences boostées à la sauce MTV de vos amis normaux. D'abord abasourdis par le manque évident de prise de risque, une éternelle minute s'écoulera dans un silence pesant, puis ils se rappelleront très vite les règles de la politesse et se forceront à pousser d'enthousiastes « waouh ! », et toujours ce « yes papa ! » qui décidément semble revenir comme un refrain amer dans votre existence. Viendront ensuite des commentaires plus élaborés sur la hauteur des trois marches que vous fire-crackez  ou encore sur votre hammer de fin de part : un boardslide sur un rail de 5 marches, avec un moulinage des bras et une longueur de pantalon digne de Sean Pablo : « Dis donc, t'as dû déjà te casser un truc non ? », « Et c'est tout fait du premier coup, c'est ça ? ». Vous suez déjà à grosses gouttes, vos réponses monosyllabiques trahissent votre gêne et vous vous retrouvez à balbutier malgré vous « On a décidé de rien mettre d'impressionnant pour montrer les joies simples du skate, vous voyez ? » Ouf, cette habile pirouette langagière vous sortira du pétrin.

    Cependant, vos amis normaux ne sont que partiellement dupes, et cette séance leur laissera un amer goût te trahison qu'ils s'empresseront de faire disparaître en enfournant de petites boules au wazabi. Très vite l'on se détournera alors de vous, on ne vous proposera plus le plat avec les petits fours miel-chèvre, on ne rira plus à vos joutes verbales, en d'autres termes, vous serez progressivement néanmoins sûrement ostracisé de votre groupe d'amis normaux. 
Les affres de la solitudes parmi les communs (Lotophage)

Puis, l'âme en peine, vers 23h, vous consulterez les 2cm² de l'écran de votre téléphone qui ne sont pas brisés par vos chutes à répétition pour y lire un texto de vos skate-sauces : « Yo, skate ? ». Alors, à pas feutrés, vous vous lèverez, prétextant un besoin urgent à soulager, vous irez dans le couloir récupérer votre planche et votre manteau et vous glisserez discrètement hors de l'appartement, dévalerez les marches quatre à quatre avant de vous élancez dans la rue, sous la nuit étoilez, poussant comme un tabanar pour rejoindre vos skate-sauces qui ont déjà entamé un pack et trouver un nouveau trottoir à slappy. Ils n'ont même pas pris la caméra cette fois.

Saturday, January 3, 2015

Tchi Entertainment



Tchi est une jeune société de production off-shore, prestataire de La Lodge pour les productions audiovisuelles. Aussi, c'est avec une joie non-dissimulée que nous vous faisons part de leurs premières productions, aux effets spéciaux soignés et à la bande son irréprochable !


si si from tchi on Vimeo.

Converses Chuck Taylor et magouilles politiques : les coulisses de la mode

Cool kids


Phénomène fashion de ces deux dernières années au sein de la skatosphère, la Converse Chuck Taylor semble être redevenue, après une absence de 20 ans, l'une des chaussures incontournables à skater. L'une des raisons de sa disparition à la fin des années 80 était sa semelle alors trop fine pour être adaptée à une pratique de plus en plus orientée street, où les impacts et chocs sur pieds et chevilles devenaient proportionnellement plus violents.

Nos envoyés spéciaux à New York, épicentre de la mode, ont décidé de se pencher plus sérieusement sur cette mode. Aussi, ils ont pu rencontré deux des ambassadeurs de ce phénomène, Sean Pablo et Sage Elsesser, pour mieux comprendre les origines de ce renouveau. Les deux skateurs nous ont gracieusement accordé une interview, nous on fait découvrir une partie de leur monde. Cependant, au cours de notre rigoureuse investigation et entre deux tacos, nous sommes tombés sur un complot politique qui remonte jusqu'aux têtes pensantes du Parti républicain. Lumière sur le scandale.

Sage Elsesser et Sean Pablo ont fait l'école buissonnière pour nous faire découvrir leur mode de vie new-yorkais

En effet, nos ventripotents reporters vont vous prouver que Sean Pablo et Sage Elsesser sont impliqués dans une complot visant à mettre à mal le système d'assurance maladie MEDICARE, afin de persuader l'opinion publique de la non-viabilité de la sécurité sociale et mettre à mal la politique de Barrack Obama.

Aux États-Unis, le skate-board est le deuxième sport le plus pratiqué. Cela signifie un marché de millions de consommateurs. Pour des marques de textiles ou de chaussures, cette donnée a été depuis bien longtemps prise en compte dans le choix de leur clients-cibles. Cependant, des millions de skateurs constituent autant d'usagers potentiels du système d'assurance maladie MEDICAIRE.

Nous avons rencontré Reince Priebus, président du Parti républicain, qui s'est livré à des confessions une fois en état d'ébriété avancée. Dieu merci, nos reporters n'en sont pas à leur coup d'essai  et on fait marcher les dictaphones.

L'un de nos envoyés spéciaux portés sur la boisson a rencontré Reince Priebus, actuel président du Parti républicain américain, dans un bar et il est parvenu à lui soutirer des informations en le faisant boire du whisky hors de prix.  Les yeux embués, Reince Priebus nous a avoué être personnellement entré en contact avec les deux jeunes pour leur proposer un marché sordide. Moyennant une juteuse compensation, il les a convaincu d'apparaître en public toujours chaussés de Converses Chuck Taylor.

De juteux contrats et enjeux politiques pèsent désormais sur les frêles épaules des 2 jeunes skateurs
Quel lien avec MEDICARE nous demanderez-vous ? Eh bien, connaissant la propension des skateurs à imiter leurs idoles, en poussant les 2 stars à porter les fameuses chaussures à semelles fines, Reince Priebus condamne ainsi des millions de pratiquants à souffrir d'hématomes douloureux sous la voute plantaire (aussi appelés "le syndrome Chucky" ) et à réclamer une aide financière de MEDICARE pour des soins médicaux. La conséquence est logique : confronté à des demandes d'indemnisations trop nombreuses, MEDICARE est condamné à une implosion certaine, faisant tomber ainsi le président démocrate Obama en disgrâce auprès de l'opinion public américain.

Un jeune pratiquant, victime du syndrome de Chucky, après 15 min de flat.

De lourdes responsabilités pour de si jeunes skateurs qui pour autant n'ont pas perdu le simple plaisir de pratiquer entre amis, loin des obligations mercantiles. Nous avons d'ailleurs eu le plaisir de partager une session avec eux, sur un spot à l'abri des regards. Quelle ne fut pas notre surprise de les découvrir affublés d'une paire de chaussures de skate au rembourrage plus élaboré, quoique stylistiquement moins à la page. Function over fashion.

Cliché de Sean Pablo volé au cours d'une session. Se croyant à l'abri des caméras, le jeune prodige sort une paire de D3 de son sac à dos et nous annonce "Enfin, fini la torture, on va pouvoir skater maintenant !"