Tuesday, June 14, 2016

Haters gonna hate - L'article de la hate #1

 Cet article est le premier d'une série entièrement consacrée à la hate, une activité ludique et trop souvent victime de préjugés. Bonne lecture.

Le nouvel étendard de la droite décomplexée

Par le plus grand des hasards, l'actualité récente du team DGK nous a amené à tomber sur ce slogan collector qui est devenu une sorte d’étendard pour la marque : Haters are my motivators ou  encore Haters gonna hate.
Il semblerait que cette phrase, largement adoptée par des skateurs ayant fait des choix "radicaux" dans leur carrière, ne soit pas simplement anecdotique. A contrario, il semblerait qu'elle soit symptomatique d'un basculement d'un partie du skatorat dans ce que les commentateurs politiques appellent la droite décomplexée, aussi connue dans la skatosphère sous le sobriquet "d'enculés et fiers de l'être".

Pour revenir à DGK, qui en premier a brandi ce slogan, rappelons qui composait leur team il y a quelques semaines de là :


Keelan Dadd : ce ghetto-embassador est tout de même accusé de détournement de mineur, dont le meilleur ami a 15 ans, qui s'auto-appelle "switch god" sur les réseaux sociaux, et adepte des switch double heel flips,  sûrement le trick le plus dégueulasse répertorié (et pourtant, c'est un amateur d'anti-smith qui vous parle, c'est pour vous dire).


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Steven Hernandez : un gamin de 15 ans principalement connu pour ses vidéos Youtube où il cherche à faire des attouchements à des meufs, qui a été élevé dans un environnement particulièrement sain peuplé de skatos pas mysogines pour un sous mais amateurs de strip-teaseuses, ce qui l'a naturellement conduit à être accusé de détournement de mineur récemment avec son homie.
Lenny et Stevie : ambassadeurs du gangsta-skate, qui consiste à confondre le skateboard avec une activité criminelle, et donc à penser qu'elle confère une certaine dangerosité dans la jungle urbaine. Ci-contre, ils utilisent leur skateboard comme des mitraillettes, histoire de filer la métaphore. "Pan, pan, chiozo", crient les teenagers du skatepark (qui ont plus de 20 ans maintenant).
Heureusement, Stevie a trouvé son sauveur (l'entrepreneuriat) et rejoint le droit chemin (et rangé son skate).





Après cet exposé clair et concis, revenons donc à la pertinence de fameux slogan. Il témoigne d'une volonté évidente d'assumer des choix de vie radicaux et merdiques. Cependant, à la défense de ces haters, forcément que "Haters gonna hate" quand on fait des choix pathétiques de merde, qu'on baise des mineures ou qu'on se prostitue sur les réseaux sociaux pour grater 3 pauvres likes de teenagers couverts de pustules avec un selfie dans ses toutes dernières sneakers faits par des philippins de 8 ans.

Cet engagement dans la radicalité témoigne d'une affection grandissante dans l'industrie du skate pour la droite décomplexée. La plupart des acteurs de la skatosphère qui piètinent la culture qui les a forgé, le font très souvent en tout âme et conscience. Par conséquent, afin de légitimer leurs viles actions, ils se prémunissent d'une sorte de sécurité qui serait censé décrédibiliser toute tentative de s'élever contre eux : "Oui euh..., avant de vous présenter mon grand projet de co-branding avec Carrefour, j'aimerai quand même vous dire que Haters gonna hate, donc allez pas vous étonnez, hein..."


Emmanuel Macron, lui aussi, victime de la hate...
Ainsi par une pirouette rhétorique, les actions les plus basses se retrouvent justifiées et hors de portés des critiques. Quant au hater, jadis justicier des valeurs du skate-game, il se retrouve relégué au rang de réactionnaire et ne peut que se contenter de ronger son frein en voyant apparaître des logos Nike, Adidas, etc. à peut près dans tous les espaces (réels ou numériques) qui n'ont pas été recouverts par un sticker...



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