Monday, August 8, 2016

Spot central parisien, la place de la République frappée d'une interdiction


Ce mois-ci, une nouvelle atteinte aux droits des pratiquants de skateboard parisiens a été commise. La place de la République, épicentre du skate parisien, s'est vue frappée d'une interdiction. Suivant la tendance du "tout numérique" et des réseau sociaux, le service Jeunesse et Sports de la Mairie de Paris a décrété qu'il serait désormais interdit de skater sur la place de la République sans se filmer et poster ses clips sur Instagram.

Thierry Braillard, secrétaire d’État au sport s'explique : " De nos jours, dans le skate-game, il est indispensable de diffuser sa session quotidienne si vous cherchez à peser sur la scène. A partir de maintenant, nous allons assurer une veille quotidienne pour vérifier que chaque pratiquant prenne bien la peine de se filmer et poster son clip avec un minimum de cinq hashtags. Nous allons mener une politique zéro tolérance envers les réfractaires qui comptent pratiquer sur la place sans prendre le temps de faire un Insta."

Tristan, 15 ans, ne sort plus jamais skater sans son portable et se retrouve obligé à réaliser des édits quasi-quotidiennement, parfois au détriment de la qualité, une charge pesante en plus de son travail scolaire.
Une décision jugée largement arbitraire par les premiers concernés, les jeunes pratiquants de "Répu". Tristan, jeune skateur du 12e arrondissement s'exprime : "Avec ce nouvel arrêté, on n'a même plus la possibilité de pratiquer comme on veut. A peine on arrive, on doit direct sortir les portables et on se filme. L'autre jour, un ami à moi à voulu skater pour le plaisir, et il s'est pris une amende direct, il a eu beau dire qu'il s'entrainait pour une nouvelle édit', rien n'y a fait."

L'obligation de poster sa session quotidienne est devenue une véritable corvée pour l'adolescent. Pour aller plus vite, il avoue parfois bâcler le montage en se rabattant systématiquement sur de la trap-musique vindicative et des interactions entre autochtones alcoolisés de la place, conférant ainsi une street crédibilité à ses edits.

Hors antenne, Tristan nous explique qu'il est parfois lassé des bâtons mis dans les roues des skateurs par la mairie, et il nous confessera même nourrir le désir de tout arrêter pour monter un groupe reggae et se coller des douilles, une activité socialement mieux acceptée. La rédaction est de tout cœur avec Tristan, et nous souhaitons beaucoup de réussite dans ses futurs projets à ce jeune ambitieux.

Tristan, la tête pleine de projets

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